Paroles & écrits.  par Joël BLONDE

Epithète "contemporain" accolé au mot "art"

                                             de Nicolas Bourriaud (BAM - Déc 2016)

 

Contemporains, les artistes le sont puisqu'ils prennent en compte le monde dans lequel ils évoluent, le système de production à l'intérieur duquel leur pratique doit se débattre.

Et qu'on ne voie pas là une fascination pour la technologie, ni une allégeance à la technique en général : un Jackson Pollock, un Franck Stella ou un Richard Hamilton, pour citer trois artistes de styles tout à fait différents, ont su chacun inventer une manière de poser de la peinture sur une surface plane contemporaine, c'est-à-dire en dialogue avec leur époque.

L'inverse de ceux qui, aujourd'hui fétichisent l'avant-garde en la transformant en magasin d'antiquités, ou piochent sans trop réfléchir dans le catalogue de l'histoire comme dans un site marchand.

Il est pourtant possible d'être anachronique tout en étant contemporain : des artistes comme Charles Avery, qui manie le dessin classique pour inventer un continent imaginaire, Pablo Bronstein et Raphaël Zarke, qui explorent tous deux les archives visuelles des siècles passés dans une perspective critique, ne reproduisent pas le passé : ils le produisent.

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Pour Marcel Duchamp, l'art était "un jeu entre tous les hommes et toutes les époques".
Dans la même veine, l'écrivain Maurice Blanchot voyait la littérature comme un "entretien infini".

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Mais dans n'importe quelle conversation, quel qu'en soit le sujet, il vaut mieux avoir un point de vue personnel.

 

Notes personnelles in ARTS MAGAZINE international, novembre-décembre 2016

 

L'art est un mouvement continuel. Son rôle n'est pas, ne doit pas être de définir des citadelles imprenables, fermées à toutes les initiatives et à tous ceux qui ne font pas partie d'une élite auto-proclamée. L'élitisme et l'esprit de chapelle sont probablement les plus grands ennemis de l'art s'en voulant les défenseurs.

Se laisser guider par le plaisir et la passion - Isabelle Goubier, éditrice d'Arts Magazine

 

Jean-Claude Volot, fondateur du centre d'art contemporain de l'Abbaye d'Auberive, président de la PME toulousaine Dedienne Aérospace :

"je n'ai jamais suivi le marché de l'art et je déteste les guerres se chapelle ! D'ailleurs, très tôt, je me suis intéressé au street art."

Pour lui, l'Etat ne doit plus avoir le monopole des trésors artistiques :

"Avec Auberive, j'ai démontré qu'avec certaines prestations commerciales,il est possible de supporter un centre d'art. Aujourd'hui, n'importe quel groupe pourrait donc acquérir des monuments historiques ou des lieux de qualité architecturale intéressante et les transformer en lieux culturels ou aritstiques. Les moyens de l'Etat ne cessent de se réduire, et c'est tant mieux d'ailleurs car cela va inciter l'initiative privée dans le domaine artistique. Selon moi, c'est la seule manière pour que les Français puissent se réapproprier l'art et la culture. "

 

Jennifer Flay vit avec l'art, directrice artistique de la FIAC de Paris

"La FIAC permet de prendre la température des tendances actuelles en matière d'art moderne.

On ne peut qu'inciter toute personne qui veut vivre entourée d'art à fréquenter les galeries qui sont indispensables à l'existence même de l'art contemporain.

C'est primordial de ne pas dresser de barrière entre la majorité des gens et la culture. La FIAC est tout de même une occasion exceptionnelle d'accéder aux œuvres actuelles"

 

Brassaï (1899-1984)

"Avec le langage du mur, nous avons affaire non seulement à un important fait social, jamais encore étudié, mais aussi à une des plus fortes et plus authentiques expressions de l'art" commente-t-il en 1958

 

 

T&L Galerie fondée par Tancrède Hertzog et Léopold Legros - www.tl-galerie.com

"Nous voulions représenter notre goût d'amateurs d'art de moins de trente ans. Nous avons décidé de nous concentrer sur deux périodes de l'art de notre temps : l'après-guerre, années 1950 à 1970, et la création contemporaine, avec de jeunes artistes émergents en France et en Italie.

Le mode de fonctionnement "pop-up" permet de trouver des lieux d'exception, inattendus et originaux, qui peuvent être adaptés à chaque artiste.

Pour une exposition, l'important c'est l'artiste et son oeuvre."

 

 

Art et culture sont dans un bateau. de Frédéric Taddeï

"Quelle différence entre art et culture ?

L'art est ce qui reste quand on a tout oublié, la culture, en revanche, est l'air du temps. Elle est intéressante en tant que reflet d'une époque. Avec l'art il faut attendre pour être sûr. C'est la postérité qui sert de révélateur. En aucun cas il faut faire confiance aux institutions. Les institutions ratent les grands artistes comme elles ratent les véritables avant-gardes. C'est pour cela que le ministère de la Culture ne s'appelle pas le ministère de l'art. Il serait bien incapable de faire le tri.

Art et culture sont dans un bateau... qu'est-ce-qui reste : l'art, seulement l'art !"

"Peindre, c'est remettre de la distance, mais aussi de l'espace et du temps. Littéralement, du ralentissement, là où l'époque est à la vitesse et à la promiscuité.

Peindre, c'est construire un espace pour soi, un lieu de préservation."

 

           Jean-Bernard Butin

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