Noir, histoire d’une couleur
Michel Pastoureau
éditions Points / collection Histoire

De la palette au lexique
Les cultures anciennes ont une sensibilité à la couleur noire plus développée et plus nuancée que les sociétés contemporaines. En tous domaines, il n’y a pas un noir mais des noirs. La lutte contre les ténèbres, la peur de la nuit, la quête de la lumière ont peu à peu conduit les peuples de la Préhistoire, puis ceux de l’Antiquité à distinguer différents degrés et qualités d’obscurité puis, ce faisant à se construire une échelle de noirs relativement large. La peinture en fournit un premier témoignage : dès le Paléolithique, les artistes utilisent plusieurs pigments pour produire cette couleur, et le nombre de ceux-ci va en augmentant au fil des millénaires. Il en résulte, à l’Époque romaine, une palette des noirs déjà bien diversifiée : noirs mats et noirs brillants, noirs légers et noirs profonds, noirs durs et noirs plus tendres, noirs tirant vers le gris, le brun et même le bleu.
Le lexique apporte un autre témoignage de cette diversité des tons noirs perçus par les peuples antiques : ater et niger
Ater, d’origine étrusque, est  resté en latin le mot le plus fréquent pour nommer le noir. D’abord relativement neutre, il s’est spécialisé dans la nuance mate ou éteinte de la couleur, puis s’est chargé vers le II° siècle avant notre ère d’une connotation négative : il est devenu le mauvais noir, laid, sale, triste voire « atroce »
Niger, d’étymologie obscure et longtemps d’emploi plus rare qu’ater a eu le seul sens de « noir brillant », puis il a été utilisé pour qualifier les beaux noirs de la nature.
Pour nommer la couleur, le paramètre de luminosité est plus important que celui de la coloration. Le lexique cherche d’abord à dire si la couleur est mate ou brillante, claire ou sombre, dense ou diluée. Dans le domaine des couleurs, le rapport à la lumière prime tout le reste ; C’est pourquoi , bien que le noir soit la couleur des ténèbres, il existe des noirs « lumineux », c’est-à-dire des noirs qui brillent avant d’obscurcir, des noirs qui sont lumineux avant d’être  noirs.
Avant le XII° siècle, le bleu foncé est souvent pensé et perçu comme un équivalent du noir, un demi-noir, un sous-noir. Le tympan de Conques, qui a conservé quelques miettes de sa polychromie d’origine, témoigne de cette fonction du bleu dans l’iconographie romane.
À partir de la fin du XV° siècle, le noir entre dans une nouvelle phase de son histoire. Il acquiert au sein de l’ordre chromatique un statut particulier qui conduit peu à peu à ne plus le considérer comme une véritable couleur. Cela commence avec l’apparition de l’imprimerie, dans les années 1450, pour atteindre un point de rupture en 1665 – 1666, lorsque Isaac Newton réalise ses expériences du prisme et découvre un nouvel ordre des couleurs dans lequel il n’y a pas de place pour le noir, ni le blanc.

VALLOTTON

MANGUIN

HAHNLOSER

Correspondance 1908 - 1928

Editions La Bibliothèque des Arts


La correspondance entre Félix Vallotton et Henri Manguin, deux artistes et amis, et le couple de collectionneurs Arthur et Hedy Hahnloser est une contribution importante et inédite à l'histoire de l'art car cet échange épistolaire non seulement nous permet de pénétrer dans le quotidien des artistes qui dévoilent à leurs amis leurs questionnements et inquiétudes, mais nous offre une chance unique de découvrir le point de vue d'artistes sensibles à l'art de leur temps. Conseillers dans les achats de leurs amis, Vallotton et Manguin n'hésitent pas à donner leur point de vue et guident les Hahnloser dans le vaste marché de l'art français de leur époque pour bâtir avec eux une collection à la hauteur de leurs désirs. 

Les Hahnloser ont été donateurs du fond du Musée de Winterthour et ont été à l'origine de sa création.

Découvrir, savoir, comprendre...

ARTISTES

entretiens

de Anne Martin-Fugier

Editions ACTES SUD


Une lecture qui nous rapproche de douze artistes français (Fabien Mérelle, Mathieu Mercier, Clément Bagot, Philippe Mayaux, Philippe Cognée, Xavier Veilhan, Claude Lévêque, Ange Leccia, Annette Messager, François Rouan, Claude Viallat, François Morellet) Chacun, retraçant son parcours, nous donne un aperçu de ce que peut être la place d'un artiste contemporain dans notre société. Leur rapport avec les institutions et le marché mondial de l'art, leur situation face à la crise économique, ce qui les a conduit à choisir cette vie de création, tout cela n'est pas seulement ce qui fait la richesse de ces textes, il s'agit aussi de témoignages sensibles d'êtres qui savent leur "état de passant".

Ce livre clôt une trilogie entreprise par Anne Martin-Fugier sur le monde de l'art contemporain en France au XXI° siècle. "Artistes" paraît après "Galeristes" (2010) et "Collectionneurs" (2012)


RIOPELLE de Hélène de Billy,

Editions Art Global 1996. Montréal, Québec.

Pour qui veut découvrir cet artiste québecois né en 1923, mort en 2002.

 

Installé à Paris en 1948, il fréquente ceux qui font la vie artistique de cette époque, André Breton, le peintre Sam Francis, Samuel Beckett, Alberto Giacometti, Alexandre Calder, Joan Miro, Zao Wou-ki. Il rejoint le Québec en 1985.

Cet ouvrage retrace les moments importants de sa vie d'artiste dans cette époque qui voit encore des créateurs du continent américain trouver à Paris leur compagnonnage artistique.  

Le Canada s'honore de la présence de ses œuvres dans la plupart de ses musées.

"Peindre, c'est remettre de la distance, mais aussi de l'espace et du temps. Littéralement, du ralentissement, là où l'époque est à la vitesse et à la promiscuité.

Peindre, c'est construire un espace pour soi, un lieu de préservation."

 

           Jean-Bernard Butin

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